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Chahut industriel Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Bruno Bolard   
17-04-2006

earth-on_handsLe chahut industriel. ??  Qu’est-ce que cela veut dire ? Pourquoi est-ce que je parle de cela ?

En regardant de près deux éléments clés comme : la répartition du coût de la main d’œuvre au niveau planétaire et la consommation énergique mondiale, on peut présager une période de grande turpitude à venir.

Je vous livre ici les informations que j’ai relevées et je vous fais part de ma réflexion au sujet du chahut à venir. Enfin je vous expose l’attitude qui me semble la plus constructive pour traverser cette période difficile.

Bonne lecture et n'hésitez pas à me faire part de vos commentaires. 

cout de main d'oeuvreLe travail va migrer inévitablement là où il est le moins cher !

A l’échelon de notre planète, on remarque un décalage criant entre les moyens industriels et des ressources des divers pays. Les médias nous rendent transparent cette disparité. On découvre alors que la main d’œuvre de certains pays est ridiculement basse par rapport à celle de la France. Voir l’étude du cabinet Werner International. Les entreprises n’ont pas manqué d’utiliser ces ressources à bas coût et ne manqueront pas d’y faire appel à l’avenir. Peut-on leur en vouloir ? Certaines vont rechercher plus de profits (est-ce condamnable ?) et d’autres vous simplement chercher à survivre !  A vrai dire, la libre concurrence est bien la loi du commerce, depuis des millénaires.
En pratique, cette fuite du travail vers les pays « low cost » occasionne : délocalisation des achats, délocalisation de la production ou des services… Ça, c’est moins drôle ! Mais y a-t-il un moyen intelligent d’éviter cela à court terme ? Je n’en vois pas.
Alors que faut-il pour que cette situation se stabilise ?
Il faudra que le niveau de coût de main d’œuvre s’harmonise…
« Ah,  Impossible ! » me disent certains. Et j’entends comme une pointe de détresse : « Quoi !?? Cela ne sera pas fait avant bien longtemps, et alors, il n’est pas possible qu’il n’y ait pas d’autre solution, car sinon, on va vraiment vivre des moments pénibles… »
Alors des lois ? Le protectionnisme des marchés est une contrainte qui viendrait essoufflé encore plus rapidement nos entreprises. Et nous consommateurs, comment agissons nous ? Achetons-nous plutôt une perceuse à 70€ ou celle à 15€ ? Nous aussi, nous cherchons à optimiser nos dépenses, non ?
Le dérèglement du travail (mais on pourrait aussi dire l’harmonisation du travail) est une première raison pour laquelle je pressens un chahut industriel important. Chacun, légitiment, cherchera à tirer son épingle du jeu.

Consommation d'energieL’énergie, au niveau mondial va se raréfier.

Les média commencent timidement à nous en faire part : les ressources énergétiques ne sont pas éternelles. Le pétrole est, aujourd’hui, la source principale de création d’énergie. Il a fallut des millions d’années pour qu’il se transforme. Et au rythme de notre consommation actuelle, nous aurons épuisé toutes les ressources connues de pétrole dans 40 ans. Avons-nous vraiment pris conscience que dans 40 ans nous n’aurons plus de pétrole. Évidemment, les plus optimistes diront que nous aurons développé de nouvelles sources d’énergie d’ici là. Je l’espère. Mais nos besoins énergétiques représentent l’équivalent de 10 milliards de tonnes de pétrole sur l’année 2002 ! Et pensons que des pays comme la Chine et l’Inde vont être dans quelques années de gros consommateurs d’énergie… Il n’y a pas aujourd’hui de substitut sérieux au pétrole, disons-le ouvertement. Plus de 90% de l’énergie consommée est d'origine non renouvelable.
Les décennies à venir risquent d’être chahutées du point de vu énergétique. Cela n’est pas très « correct » de dire cela, car la perspective de pénurie énergétique laisse présager des batailles sanglantes ou un grand désespoir populaire. Ce n’est définitivement pas politiquement correct. Mais pourtant ce constat est issu de réflexion, d’analyses, il peut très bien s’avéré juste. C’est une probabilité.
Comment allons-nous réagir ? Cela sera-t-il l’occasion de nouvelles formes de guerres ? Ces questions restent entières.

Quelle(s) solution(s) apporter à ce problème ? Outre une humanisation rapide du monde (se sentir concerné par les soucis des autres et faire des choix qui prenne en compte l’intérêt général plutôt qu’individuel…), je ne vois pas de solution suffisamment forte pour éviter les batailles à venir.  

L’énergie va nous manquer. Mais une autre denrée va également se raréfier : l’eau potable.
Cela peut faire l’objet d’un développement complet mais en substance, on peut citer les principales causes de cette pénurie d’eau potable :
- L’accroissement de la population mondiale.
- l’accroissement des exigences de qualité et de traitement de l’eau.
- et l’accroissement du confort, de la propreté et de la consommation industrielle.
L’eau ne va pas manquer comme le pétrole, car elle se recycle à l’infini. Mais l’eau potable risque de nous être comptée.
Quelques chiffres donnés par l’Unesco : la consommation mondiale d’eau douce a été multipliée par six au cours du dernier siècle (environ 4.000 km3 en 2000). Le volume d’eau douce disponible par habitant et par an était supérieur à 16.000 m3 en 1950, il est aujourd’hui de 6.800m3 et passera à 4.800m3 en 2025.

Se préparer pour l’avenir.

Certains vont me croire pessimiste. Je ne le suis pas. Car je crois que nous avons l’occasion de développer nos dons d’inventivité, de réflexion, d’ouverture aux autres pour aller de l’avant et avancer pas à pas. Et si je parle de perspectives plutôt difficiles, n’est-ce pour y réfléchir et travailler à en diminuer les effets ?
Dans cette démarche d’adaptation et de remise en question, nous allons développer des capacités techniques dont certaines ne nous servirons pas pour nos futurs métiers et des capacités comportementales qui elles, nous seront utiles pour chacun de nos projets : l’esprit d‘équipe, l’esprit de service, la volonté de se dépasser, la résistance au stress, la capacité d’écoute…

Devenons de véritables professionnels, qui répugnent à la médiocrité, au travail bâclé. Devenons des hommes de cœur, à l’écoute des autres, généreux, créateurs de nouveaux services et orientés vers le respect des engagements.
Alors nous serons véritablement armés pour traverser honorablement ce chahut.
Voici l’orientation que j’aime rappeler et inculquer à mes enfants.

Par ailleurs, je suis un croyant, libéré des dogmes religieux, c’est à dire que je crois que le mérite d’un homme provient d’avantage de ces actes que d’un attachement à une croyance ou à une religion.
Je crois que le retour au bien, à l’amour fraternel, à la liberté, à l’intelligence de cœur… est l’orientation que l’homme est invité à prendre depuis des millénaires, mais qu’il a bien du mal à tenir fermement.
Alors n’est-il pas temps de garder le cap qui nous mènera assurément à une grande joie ? La joie d’avoir fait ce que l’on pouvait pour rendre le monde meilleur et d’en recevoir le mérite !

 
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